Comme souvent dans pareilles situations, ce furent les conditionnements qui déterminèrent l’action du jeune drow. Alors que la tenancière basculait en avant, il tenta de saisir les poignets de Lilith pour la maintenir debout.
(jet de réflexes: je suppose que c’est un succès^^)D’un geste fluide évoquant presque un pas de danse nonchalant, Welverin cueillit la tenancière en profitant de son élan pour la remettre sur pieds… Un observateur aurait presque pu croire à une chorégraphie savamment orchestrée. Les années à subir le fouet de sa grande sœur avaient finalement portées leur fruit, et sa matrone de mère, cette catin d’Hesken P’Aj Tarkan’En, aurait été satisfaite de son rejeton si elle avait été encore en vie… Quoique porter secours à une tenancière de taverne ne corresponde sans doute pas tout à fait à ce qu’avaient en tête les femelles de sa maisonnée lorsqu’elles lui avaient inculquées à ramper devant leurs semblables de sexe féminin.
Ayant remis sur pied la femelle drow, il dit d’une voix rauque, presque un murmure :
« F'sarn taudl ulu olplynir dos nindol alure, Malla Jalil, je m’excuse de vous avoir volé cette danse, Honorée Femelle », dit-il.
Puis il la lâcha et recula d’un pas. Il l’observa d’un air pour le moins circonspect, se demandant comment la femelle prendrait la chose… N’ayant point suspecté la moindre roublardise dans ce geste de maladresse, il craignait que la tenancière n’éclate en une violente colère : après tout, il avait porté sur elle ses mains sans la moindre invitation. Bien sûr, il n’était en rien responsable de la maladresse de Lilith, mais les femelles de sa race, en général, ne s’embarrassaient point de ce genre de considérations. Elle avait beau être roturière, lui n’était qu’un gueux étranger, sans maisonnée de surcroît… Si il prenait l’envie à cette femelle de le jeter dehors, il risquait fort de se trouver avec toute une clientèle d’habitués prêts à lui trancher la gorge. Il se maudissait déjà d’avoir ainsi réagi, et il maudissait sa malchance qui avait mis sur son chemin une telle gourde venue s’étaler devant lui. Et surtout, il maudissait ses songeries stériles qui l’avaient empêchées d’anticiper la situation. Il avait le sentiment d’être pris au piège, et songea donc avec amertume :
« Lil waela lueth weala ragar brorna - lueth wund nind, kyorlin elghinn. Les idiots et les imprudents ont des surprises et parmi elles attend la mort » L’idiot en question, c’était lui, bien sûr.
Loin d’adopter une posture de bravade, il s’attendait donc à ce que la situation dégénère rapidement. Il jeta un coup d’œil autour de lui, cherchant à repérer ceux à qui l’incident n’avait point échappé, et tentant d’évaluer ses chances d’atteindre rapidement la sortie si une altercation éclatait.