Dans le genre humiliant, la suite lui démontra qu’il n’avait pas encore touché le fond et qu’il n’allait pas tarder à tomber encore un peu plus bas qu’il ne l’était déjà, ce qui , pour son humble avis, était déjà bien assez bas.
La tenancière Drow arriva sans qu’il ne l’ai entendue et d’un geste d’où exsudait à gros bouillons l’habitude qu’avait cette femelle d’être dominatrice elle lui tira les cheveux en arrière pour l’embrasser.
Un instant, le jeune idiot pensa que ce n’était peut-être finalement pas si terrible d’être l’esclave de cette tavernière. Qui n’aurait voulu ne risquer de sa gardienne qu’un baiser.
Evidement, juste après, mais alors dans l’instant qui suivit, Cian déchanta.
Il déchanta lorsque le baiser devint douleur comme une canine aigue déchirait sa lèvre inférieure et il déchanta tout autant quand de sa main, la femelle soupesa – car ce fut bien ce qu’elle fit, aucun terme plus approprié ne lui vint à l’esprit- ce que l’eau du bain ébouillantait quelque peu en haut de ses cuisses.
Il se raidit mais tout était déjà terminé, un peu comme si rien n’avait vraiment eu lieu.
Seul le sang qui coulait de sa lèvre fendue lui rappelait qu’il n’avait pas rêvé.
L’humaine approcha à son tour et le jeune barbare à ses mots eu la confirmation de ce qu’il pensait bien avoir compris.
La mère de l’humaine, mère adoptive, cela semblait une évidence, avait sur lui des vues clairement définies, espérant beaucoup de son physique évidement bien plus avantageux que celui des mâles Drows pour passer une nuit de plaisir.
Il lui avait semblé qu’elle était pleinement satisfaite de ce qu’elle avait tenu en main et qui était proportionnel à la taille de Cian, bien évidement, à priori jeune et plein d’entrain, qui ne devrait pas rechigner à la besogne.
L’association de la manière dont il avait été jaugé et des mots que venaient se prononcer la fille finirent de lui éclaircir l’esprit sur ce qui allait être son sort pour la nuit à venir.
La femelle Drow voulait goûter aux mensurations humaines et il allait passer à la marmite…
Seulement voilà.
Parler de sexe était quelque chose qu’il avait toujours soigneusement évité parce qu’il n’était pas le genre à se vanter honteusement de choses qu’il ne connaissait même pas comme le faisaient volontiers d’autres mâles, qu’ils fussent jeunes ou moins jeunes.
Et quant à le faire, il avait eu deux occasions, fort misérables d’ailleurs, et il avait chaque fois fait montre d’une telle gaucherie, d’un si criant manque de bonne volonté qu’il s’était vu renvoyer à d’autres tâches sans plus de cérémonie.
A dire vrai il n’en n’avait pas été offusqué et même il en avait été plutôt content même si l’affaire lui avait valu quelques quolibets bien sentis.
La fille lui nettoya l’oreille – rien que l’oreille- avec une éponge douce et lui proposa quelques points avant de s’éloigner et de revenir avec un grand drap, épais et qui semblait avoir été tenu au chaud car il en émanait une agréable tiédeur même s’il était encore assez loin de ses épaules.
Que veux tu dire par bonne ? trouva t-il le courage de demander à voix basse comme si parler plus haut allait lui attirer des ennuis.
Avisant un savon posé sur une petite étagère cloué au baquet il entreprit de se laver. Après tout, il était dans l’eau pour cela non.
[Jet de « rassemblage » de courage, contrôle de soi, lutte contre sa timidité pour la suite.]